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PFC Abidjan

Une ré-enquête a été réalisée en mai-juin 2004 à Abidjan par Béatrice-Akissi Boutin, avec l’appui des Professeurs Jérémie Kouadio N’Guessan et Zacharie Tchagbalé (Université Cocody-Abidjan, Institut de Linguistique Appliquée). Un doctorant, Jean-Martial Kouamé a participé comme enquêteur.

Les locuteurs étaient soit des amis de l’enquêteur principal, soit connus par elle peu avant l’enquête grà¢ce à l’Ecole Professionnelle dans laquelle elle travaillait quelques années auparavant. Les enregistrements se sont déroulés pour la plupart dans les locaux de l’école, sinon sur le lieu de travail des enquêtés.

Neuf enregistrements sont corrects et conformes au protocole PFC, deux autres (hommes de moins de vingt-cinq ans) sont très courts et l’entretien libre est peu audible ; ils ne seront peut-être pas retenus.

Un enregistrement a été réalisé auprès d’une ivoirienne résidant à Toulouse depuis deux ans, pour une éventuelle étude contrastive ; un autre auprès d’un locuteur qui n’a pas pu pratiquer les tests de lecture. Ils ne sont pas comptabilisés.

Les paramètres suivants ont été retenus et croisés pour obtenir les nombres de locuteurs suivants :

1. Sexe : Hommes : 5 / Femmes : 6

2. Age : jusqu’à 25 ans : 4 / 26 à 45 ans : 2 / plus de 45 ans : 5.

3. Niveau d’études : Pas de bac : 5 / Bac + 2 : 2 / Maîtrise ou Doctorat : 4.

Détail des professions : élèves CAP : 2 / jeune chômeur : 1 / étudiant : 1 / Secrétaires : 2 / Institutrice : 1 / Directeur en communication : 1 / Médecin : 1 / Professeur en Pharmacie : 1 / Magistrat : 1.

4. Groupe ethnique et langue africaine : Mandé Nord : 1 (bambara) / Mandé Sud : 2 (yacouba, toura) / Gur : 1 (tagbana) / Kru : 3 (wobè, guéré) / Kwa : 4 (baoulé, agni, ébrié).

En plus de ces paramètres, l’enquête a révélé les éléments suivants :

  • Français langue première : 1.
  • Français largement ou majoritairement utilisé à la maison : 11.

Toutes les catégories choisies pour l’échantillon d’étude sont représentées, ce qui est important pour une pré-enquête visant le choix de paramètres plus précis. Des premières remarques positives peuvent être déjà faites.

Les quatre exercices ont été pertinents. Ils manifestent une variation diaphasique individuelle chez tous types de locuteurs, y compris les moins instruits.

Dans la lecture de la liste des mots, les locuteurs surveillent spécialement leur prononciation. Dans la lecture du texte, ils surveillent aussi leur prosodie. Ce texte, marqué culturellement comme occidental, renforce l’effort pour se conformer à une prononciation et une élocution proche du français de France, qui est le modèle officiel en Côte d’Ivoire. Sa lecture représente donc la variété la plus proche du français de France.

Dans la réalisation des exercices, le changement d’enquêteur a bien favorisé le changement de registre de langue. Mais les deux enquêteurs n’ont pas toujours pu être présents. Dans l’entretien guidé, les locuteurs, quel que soit leur niveau social ou de formation, s’efforcent de garder un style soutenu. Dans la conversation libre, le langage ordinaire apparaît sans difficulté. Les jeunes insèrent des mots nouchi, tous adoptent prosodie, interjections, bruits significatifs et tout ce que comporte l’énonciation ivoirienne. Seule une institutrice n’a pas pu, tant que l’appareil enregistrait, se défaire d’un usage normé (ivoirien).

La variation selon la langue première est elle aussi tout à fait repérable, ceci étant probablement renforcé par la dominance des locuteurs à¢gés. La variation selon l’à¢ge et le niveau d’études sont repérables uniquement chez deux paires de locuteurs de même langue première.