Sont décrites dans cette rubrique les caractéristiques principales de la liaison en français.

  •  Les consonnes de liaison

Seules quelques consonnes sont impliquées dans ce phénomène de la liaison.

Au niveau phonétique, les plus fréquentes sont :

/n/ > /z/ > /t/ > /p/ > /R/ (en fréquence de réalisation).

Les deux dernières sont relativement rares et la consonne de liaison /k/ a quasiment disparu de la langue.

Attention, la réalisation phonétique de la consonne de liaison peut différer de sa forme graphique (il n’y a pas toujours de correspondance graphie/phonie) :

Oral => graphie

[t] => t, d (petit˽ami ; grand˽émoi)

[z] => z, s, x (prenez˽-en ; prends˽-en ; dix˽-ans)

[n] => n (en˽avant)

  •  Lier la liaison

Le plus souvent, la liaison est enchaînée, c’est-à-dire liée phonétiquement au mot suivant.

Les liaisons non enchaînées sont très rares dans les conversations courantes, mais on peut néanmoins en entendre chez les professionnels de la parole (parole publique), et notamment chez les politiciens ou les journalistes.

Le fait « d’enchaîner » la consonne de liaison au mot suivant entraîne une resyllabation : le mot°2 (le mot qui suit) est prononcé comme s’il débutait par une consonne.

Par exemple, « un ami » prononcé comme « un *nami ». Il est alors parfois difficile de segmenter le mot°2 pour les apprenants, les frontières lexicales peuvent ainsi être floues, comme le montre le schéma qui suit :

alt

 (σ = syllabe ; M= mot)

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NB. Ceci est aussi vrai des cas d’enchaînement : quand un mot finit phonétiquement (à l’oral) par une consonne, cette dernière est enchaînée à la voyelle qui débute le mot suivant, comme on peut le voir sur la figure précédente ainsi que dans les exemples qui suivent.

Ex.  Une petite histoire [ynpətitistwaʁ] (enchaînement)

Un petit historique [œ̃pətitistoʁik] (liaison)

=> Dans les deux cas, la consonne apparaît et est enchaînée au mot suivant.

NB. Le statut des consonnes de liaison est sujet à controverse. Elle peut être considérée comme épenthétique, extramétrique, préfixale, etc. et la question de savoir si elle est rattachée phonologiquement au mot 1 ou au mot 2 ne sera pas discutée ici. Il s’agit de partir d’une description phonétique du phénomène pour une compréhension facilitée dans le cadre de l’apprentissage de la langue française.

Pour le statut des consonnes de liaison, le lecteur est renvoyé à Côté (2005), Bonami et al. (2005 et 2006) ainsi qu’à Durand et Lyche (2008). Pour un aperçu des propriétés acoustiques de ces consonnes, voir Coquillon et Astésano (2008).